Suite à ma chronique de son dernier album Kheper j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Imhotep, le célèbre architecte sonore du groupe IAM.

Bonjour Imhotep,
j’ai donc pu chroniquer ton tout nouvel album « Kheper » il y a quelques jours et ce qui m’a encore plus frappé par rapport à ton premier solo c’est l’éclectisme des samples et sonorités musicales que tu as utilisé. Il y a une dimension « mondiale » au long des 19 titres avec des influences sonores du mahgreb, d’afrique mais aussi d’asie. D’où te vient au départ cette attirance pour les autres cultures que tu retranscris dans tes opus? Est-ce que c’est venu avec la musique ou tu avais déjà ça en toi avant ?
Dans ma famille on mangeait le couscous , la tchakchouka ,mais aussi la paella et le pot-au-feu ! Tout ça en écoutant du Flamenco , du Chaabi , de la Chanson Française et du Jazz ! Effectivement j’ai peut-être gardé cette ouverture d’esprit et les goûts éclectiques de mon enfance !
Pour « Kheper » tu a décidé de faire plusieurs concerts contrairement à « Blueprint ». J’ai lu que c’était notamment dû à la découverte et l’utilisation du logiciel Ableton Live couplé à une APC 40. Peux-tu nous expliquer comment tu a élaboré ton live autour de ça et ce que l’on peut s’attendre à voir sur scène ?
14 ans entre tes 2 solos c’est plutôt long même si l’on sait que tu participes à de nombreux projets en parallèle (avec IAM et en dehors). Est-ce que tu a déjà dans l’idée d’aller plus vite pour ton 3è album ou tu ne te poses pas encore du tout la question ?
Vous avez démarré dans la musique avec « les moyens du bord » on va dire, puis est venu le temps des maisons de disques avec plus de possibilités et aujourd’hui c’est le retour en indépendant : AKH depuis quelques années, Shurik’n pour son dernier album et toi avec Kheper. Est-ce que tu vois ça comme une régression ou plutôt comme un retour aux sources salutaire ?
Avec les autres membres d’IAM tu fais partie de la première génération d’artistes hip-hop en France et après 25 ans vous êtes toujours là. Est-ce que tu te vois toujours dans le mouvement les 25 prochaines années ?

Justement en parlant de l’avenir le prochain projet annoncé de longue date est le fameux opus « Morricone » pour lequel tout a été dit. au départ album concept entièrement tourné vers l’oeuvre du compositeur il n’y aurait plus aujourd’hui que quelques titres reprenant de ses samples et le reste des pistes seraient du IAM « normal ». Tu peux nous dire ce qu’il en est réellement et pourquoi la situation a autant évoluée sur une aussi longue période ?
Si tu devais me citer 3 dates clés qui, de ton point de vue, ont modifié ta façon de concevoir la musique ? Cela peut aussi bien être l’invention d’un matériel spécifique, que la sortie d’un album qui t’a influencé, une rencontre, un moment de carrière, … bref les 3 « instants T » les plus importants pour Imhotep dans sa carrière d’artiste.
2- Juin 74 , j’obtiens mon BEPC et mon père m’offre ma 1ère guitare électrique ! En juillet-août je prend mon 1er job d’été pour m’acheter un ampli ! A partir de là j’essaye de copier le jeu et la coupe de cheveux de Jimmy Hendrix : J’ai réussi que la coupe !
3-Juillet 1988 j’achète mon 1er sampleur ( W30 Roland ) et 3 mois après , je rencontre les petits gars d’IAM et on commence à bosser ensemble !
Marseille sera capitale européenne de la culture en 2013 et pour l’occasion vous aviez proposé un projet afin de créer un espace dédié à la culture hip-hop, projet qui n’a pas été retenu malheureusement. Est-ce que c’est quelque chose que vous n’aviez prévu que dans ce cadre là ou est-ce que vous allez essayer de continuer à le pousser ?
Encore merci à Imhotep et à Xavier pour l’agence DBTH pour leurs temps et l’opportunité !



























